
Des mots classés en rose, en bleu ou en vert : on retrouve ces couleurs sur de nombreux supports de lecture Montessori. Elles correspondent à une organisation des difficultés destinée à accompagner les premières lectures. Derrière ces repères visuels, l’idée est de proposer des mots que l’enfant peut déchiffrer avec les connaissances dont il dispose, puis d’introduire progressivement de nouvelles difficultés.
D’où viennent ces séries ? Que travaille-t-on à chaque étape ? Et comment les utiliser pour accompagner l’enfant dans ses apprentissages ?
Une progression développée dans le courant Montessori
Les séries rose, bleue et verte sont bien utilisées dans des pratiques Montessori. Connues en anglais sous le nom de Pink, Blue and Green Reading Series, elles se sont développées pour adapter l’apprentissage de la lecture aux particularités de l’anglais.[1]
Il convient toutefois de distinguer cette organisation des propositions directement formulées par Maria Montessori. Les trois séries colorées ne constituent pas une méthode unique, commune à toutes les écoles et à toutes les formations Montessori. Elles font partie des adaptations pédagogiques développées au sein de ce courant, et d’autres organisations de l’apprentissage de la lecture y existent également.[2]
En français, on retrouve cette progression dans des supports et des formations Montessori : des mots courts pour les premières lectures, des mots plus longs pour poursuivre l’entraînement, puis l’introduction de graphies plus complexes. Les listes précises et les limites entre les séries peuvent varier selon les concepteurs.[3]
Trois séries pour faire évoluer les difficultés
La série rose accompagne les premières lectures avec des mots courts, généralement de trois lettres, dont les correspondances entre lettres et sons sont simples et déjà connues de l’enfant. En français, des mots comme SAC, BOL ou FIL permettent d’assembler un petit nombre de sons pour lire un mot entier. L’objectif est de s’exercer au décodage : reconnaître les sons associés aux lettres et les combiner pour identifier le mot.[1][3]
La série bleue prolonge ce travail avec des mots plus longs, en conservant des correspondances accessibles à l’enfant. Selon les supports, elle peut également introduire des enchaînements de consonnes. En français, MOTO, DOMINO ou LAVABO illustrent cette augmentation de longueur. L’enfant doit maintenir la succession des sons et assembler davantage d’éléments sans perdre le début du mot.[3][4]
La série verte aborde des graphies plus complexes, notamment des groupes de lettres qui représentent ensemble un son. Les lettres C et H, par exemple, forment le digramme CH, qui transcrit le son /ʃ/, comme dans « chhhh ». On rencontre également OU, AN ou IN. Selon les supports, la série verte peut aller au-delà des digrammes et inclure des trigrammes, comme EAU, ainsi que d’autres particularités orthographiques.[4][5]
La difficulté ne dépend donc pas uniquement du nombre de lettres. MOTO et CHOU en comptent tous deux quatre, mais leur lecture mobilise des connaissances différentes : pour lire CHOU, l’enfant doit reconnaître les deux digrammes CH et OU. Un mot court peut ainsi demander un apprentissage qui n’a pas encore été abordé.
Ces catégories doivent aussi être adaptées à la langue : les mots, les sons et les régularités de l’anglais ne sont pas ceux du français. On retrouve une logique de progression, mais les listes ne peuvent pas être simplement transposées d’une langue à l’autre.
Accompagner le décodage et la compréhension
Avant de proposer un mot à lire, il est utile de vérifier que l’enfant connaît les correspondances nécessaires. Le passage d’une série à l’autre repose sur ses acquis et ses besoins. Il peut être à l’aise avec certains mots longs tout en ayant besoin d’un accompagnement pour découvrir un nouveau digramme.[5]
Dans les supports Montessori, ces séries peuvent prendre plusieurs formes : objets à associer à des étiquettes, images accompagnées de mots, listes de lecture ou mots à composer avec un alphabet mobile. Elles permettent ainsi de varier les activités autour de l’encodage, lorsque l’enfant cherche les lettres pour écrire un mot, et du décodage, lorsqu’il lit un mot écrit.[1]
La compréhension reste au cœur de ces propositions. Après avoir déchiffré un mot, l’enfant peut l’associer à un objet ou à une image, expliquer ce qu’il désigne ou l’utiliser dans une phrase. Ces échanges aident à relier la lecture au vocabulaire et, pour les mots concrets, à construire une image mentale de ce qui est lu.
L’intérêt de cette organisation tient à la cohérence des propositions : choisir des mots accessibles, laisser le temps de s’entraîner et accompagner explicitement les nouvelles correspondances. Les couleurs servent de repères ; l’observation de l’enfant permet d’ajuster le parcours.
Chez MurMur, cette progression structure la conception de nos activités de lecture, dans nos applications actuelles comme dans celles à venir : des mots courts pour les premières lectures, des mots plus longs pour poursuivre l’entraînement, puis l’introduction de digrammes.
Nous l’adaptons aux particularités de chaque langue, en français, en anglais et dans les autres langues à venir. Le choix des mots et l’organisation des difficultés tiennent compte des sons et des correspondances entre lettres et sons propres à chacune. L’enfant retrouve ainsi une même démarche pédagogique, avec des contenus adaptés à la langue qu’il découvre.
Sources consultées :
- [1] The Helpful Garden, All About the Montessori Pink Reading Series
- [2] Julia Volkman, Maitri Learning, Phonogram Folders & Pink, Blue, Green series
- [3] Sylvie d’Esclaibes, Apprentissage de la lecture
- [4] Montessori Print Shop, Language FAQ’s
- [5] Ministère de l’Éducation nationale, Pour préparer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture à l’école maternelle
Essayez MurMur Imagier
Plus de 700 mots à écouter et observer, en français et en anglais.


