
Lorsque l’on apprend un nouveau mot à un jeune enfant, une question se pose rarement : quelle image lui montre-t-on ? Pourtant, ce choix n’est pas anodin. À deux, trois ou quatre ans, les enfants construisent progressivement leur compréhension du monde ; chaque nouveau mot s’associe à une image mentale, qui leur permettra ensuite de reconnaître cet objet lorsqu’ils le rencontreront dans leur quotidien. Plus cette image est proche de la réalité, plus ce lien est facile à construire.
Un dessin représente une interprétation
Les illustrations sont merveilleuses pour raconter des histoires : elles développent l’imaginaire, donnent vie à des personnages et permettent de créer des univers extraordinaires. Mais lorsqu’il s’agit d’apprendre le nom des objets qui nous entourent, elles présentent une limite.
Un dessin simplifie. Il stylise. Il choisit certaines couleurs, certaines formes, certains détails. Une carotte dessinée n’a pas toujours la couleur d’une vraie carotte, un chien dessiné ne ressemble pas forcément à celui du voisin, une tasse peut même devenir un personnage. Pour un adulte, cela ne pose aucun problème — pour un jeune enfant qui construit son vocabulaire, cela ajoute une étape : il devra ensuite faire le lien entre cette représentation et le véritable objet.
Une photographie rapproche le mot du réel
Une photographie montre l’objet tel qu’il existe : sa forme, sa texture, ses couleurs, ses petites imperfections. Lorsqu’un enfant entend le mot « carotte » en regardant une photographie, il construit une représentation beaucoup plus proche de celle qu’il retrouvera ensuite au marché, dans son assiette ou dans le jardin. Le mot ne reste pas associé à une image : il s’associe progressivement au monde réel. Et c’est précisément ce que recherche l’apprentissage du vocabulaire.
« Le meilleur imagier est celui que l’enfant finit par oublier — parce qu’il reconnaît les objets directement dans la vraie vie. »
Le regard d’une professeure des écoles
En maternelle, cette différence est souvent visible : les enfants nomment beaucoup plus facilement ce qu’ils reconnaissent dans leur environnement. Un mot est réellement acquis lorsqu’il quitte le livre, la classe ou l’écran — quand un enfant pointe soudain une coccinelle dans le jardin, reconnaît une passoire dans la cuisine, ou s’émerveille devant un escargot après en avoir découvert le nom quelques jours plus tôt. À cet instant, le vocabulaire devient vivant : il sert à comprendre le monde.
Comment nous choisissons chaque photo
Lorsque nous avons imaginé MurMur Imagier, nous ne voulions pas simplement créer un nouvel imagier : nous voulions créer un imagier qui accompagne réellement les premiers apprentissages. C’est pourquoi nous avons fait le choix de n’utiliser que de vraies photographies, soigneusement sélectionnées pour être immédiatement reconnaissables par les jeunes enfants — fond épuré, objet bien identifiable, sans élément parasite.
Chaque mot est proposé en français et en anglais, afin que les enfants puissent enrichir leur vocabulaire tout en découvrant une seconde langue, naturellement, à leur rythme. Notre ambition n’est pas que les enfants connaissent les images de MurMur : notre ambition est qu’ils reconnaissent ensuite ces objets partout autour d’eux.
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